Histoire

L’histoire de Présilly s’inscrit dans la longue mémoire des peuples du nord des Alpes.

Un centre religieux dans l’antiquité

Au Ier siècle, Présilly accueille un sanctuaire gallo-romain relativement important, dont les vestiges ont été retrouvés récemment.

Vers le IIIème siècle, l’empire romain affaibli va laisser la place à des barbares envahisseurs qui viennent par le Rhin.

vestiges du sanctuaire gallo-romain de Présilly

vestiges du sanctuaire gallo-romain de Présilly

Au début du Vème siècle, Les Burgondes arrivent, probablement de Scandinavie. Ils traitent avec les Romains et viennent s’installer en Sapaudia : Romandie, Jura, Savoie.

Au milieu du Vème siècle, le pouvoir romain a déserté la Gaule.

Après un siècle d’existence, le royaume burgonde disparaît à son tour sous les attaques des Francs. Cependant, les Burgondes qui s’étaient mêlés aux celto romains laisseront des traces durables.

Au partage de l’empire de Charlemagne entre ses petits-fils en 843, la Savoie entre dans la part de Lothaire (la Lotharingie). On parle encore de la Sabaudia. Elle fait ensuite partie du 2ème Royaume de Bourgogne en 888.

Le Moyen Age

A partir du XIème siècle, au temps de la féodalité, Comtes de Genève, Comtes de Maurienne Comtes du Faucigny, Evêques de Genève se disputent les pouvoirs seigneuriaux dans les Alpes du nord. Par les guerres, les mariages, les achats, les alliances, les Comtes de Savoie rassemblent les territoires savoyards, leur donnant la suprématie sur la route des Alpes.

C’est aussi le temps du développement des Abbayes :

– Talloires en 1019

– Abondance en 1108

– Tamié en 1132

– Hautecombe en 1139

et  des Chartreuses :

– La grande Chartreuse en 1084

– Le Reposoir en 1151

– Pomier en 1170

A partir du XIIIème siècle, l’autorité temporelle des Evêques s’amenuise au bénéfice des Comtes de Savoie. Les paysans, par leur travail, assurent pour l’essentiel la vie de la société féodale. Ils vivent en autarcie.

Après de nombreuses tribulations, en 1416 la Savoie devient une unité avec un Duc, Amédée VIII.  Cet homme de grande valeur se retire à Ripaille en 1434, mais le Concile de Bâle le choisit comme Pape d’Avignon. En 1449 il cède sa place de pape d’Avignon pour mettre fin au schisme.

En 1562, le temps passe vite, Turin devient la capitale de la Savoie. La province du Genevois a pour capitale  Annecy.

A la fin du XVIème siècle, la Savoie doit céder à la France le Pays de Gex, la Bresse et le Bugey. Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1602, les savoyards s’attaquent à Genève. C’est l’échec de l’Escalade et la fin de l’extension de la Savoie au-delà du Rhône.

François de Sales, né à Thorens, seigneur de Ballaison, grand théologien et grand écrivain  fonde en 1606 l’Académie Florimontane.

La Savoie, un Royaume

En 1713, fin de la guerre d’Espagne. Au traité d’Utrecht, le Duc de Savoie reçoit la Sicile. Il l’échange contre la Sardaigne qui avait un titre de royauté et devient ainsi Roi des Etats Sardes.

A partir de cette date, le roi de Sardaigne, Duc de Savoie, Victor Amédée II veut faire de ses états une puissance capable de compter en Europe. Il renforce le pouvoir central.

Pour subvenir aux besoins de l’Etat savoyard et sarde, les impôts sont perçus par la taille sur les propriétés et la gabelle sur le sel. C’est l’instauration d’un régime despotique.

Afin de fournir une base plus juste ou plus précise aux impôts, la Savoie entreprend d’établir un relevé des propriétés en 1728 : c’est la Mappe Sarde (ancêtre du cadastre). Elle fait apparaître l’importance des biens communaux (+ 1/3), des biens du clergé, de la noblesse et des bourgeois. Les paysans ne possèdent que le ¼ des terres.

Les rois de Sardaigne, au gré de leurs alliances avec leurs puissants voisins (les Habsbourg  d’Autriche et les Bourbons de France), participent à la vie de l’Europe.

Dès 1756 Habsbourg et Bourbons se réconcilient. C’est la paix de 40 ans. La Savoie, la France et Genève règlent leurs problèmes de frontières.

En 1771, Charles Emmanuel III impose aux seigneurs le rachat par les paysans (90 % de la population)  des droits féodaux. Mais la vente des biens communaux ne favorise pas les paysans qui manquent de terre. Ils deviennent contribuables.

En 1786, le 8 août, Jacques Balmat et le docteur Piccard réalisent la première ascension du Mont Blanc.

Les temps révolutionnaires et l’empire

En 1792, l’entrée des troupes révolutionnaires en Savoie en fait un territoire  français.

Le 24 sept 1792, le général Montesquiou publie à Chambéry « Liberté et Egalité, de la part de la Nation française, guerre aux despotes, paix et égalité au peuple ». C’est à cette date que s’arrête la vie de la Chartreuse de Pomier.

En 1798, sous l’impulsion de Napoléon,  après l’annexion de Genève par le Directoire, se constitue le département du Léman, avec Genève pour préfecture.

Retour au Royaume sarde

En 1815, à la chute de l’empire, les Savoyards redeviennent sardes. Les royales constitutions de 1770 sont remises en vigueur. Le clergé est à nouveau chargé des actes de l’Etat civil et de la surveillance des écoles.

La Savoie retrouve Victor Emmanuel Ier, roi de Piémont Sardaigne, même si l’administration conserve la centralisation napoléonienne pour gérer les provinces.

La monarchie va être de plus en plus menacée. En 1837, le royaume sarde devient une monarchie constitutionnelle sous Charles Albert.

Vers la fin des Etats Sardes

Les Savoyards se détachent peu à peu de la monarchie de Turin. Ils sont mécontents d’avoir des intendants et des commandants piémontais et de payer des impôts que le roi de Sardaigne dépense surtout en Piémont.

Le roi Victor Emmanuel II, comme son père, rêve d’unifier l’Italie encore divisée.

Par un accord resté secret à Plombières, Napoléon III s’engage à aider le Royaume sarde à pousser l’Autriche hors de la Lombardie et de la Vénétie. Pour sceller cet accord on décide du mariage de Clotilde de Savoie au prince Jérôme  Napoléon.

En compensation le royaume sarde accepte de restituer à la France les Savoie et Nice. Les alliés gagnent difficilement cette nouvelle guerre de 1859 à la bataille de Villa Franca. A  Solferino ce fût un carnage (40.000 morts et l’intervention de Henri Dunant qui fonde la Croix Rouge).

Par le traité de Turin du 24 mars 1860, la France reçoit comme convenu son gage : la Savoie et Nice. Cavour, habile 1er ministre de Victor Emmanuel prend appui sur cette situation pour jeter les bases de la nouvelle Italie. Victor Emmanuel deviendra le premier roi d’Italie.

Un plébiscite qui règle ce transfert de souveraineté est organisé les 21 et 22 avril 1860. C’est un oui massif à la France, avec le fameux « Oui et Zone ».